2 févr. 2010

Pauvres gringos...

... Quelle dure vie est la leur !

On était invités, dimanche, au Open House de Fred et Kaly qui viennent de terminer la construction de leur troisième maison sur le même terrain.
Le but de l'opération était d'en mettre plein la vue aux autres gringos; de montrer les marbres, les meubles antiques, les fenêtres hors de prix qui seront foutues l'été prochain, les tapis persans qui seront bouffés des termites dans bien peu, les lustres, les cristaux, les bars innombrables, le personnel, l'espace inoccupé, la piscine mieux que celle de John.
Le tout-gringoland était convié.

On a bu trois bières.

Les 80 gringos sont repartis en se demandant ce qu'ils pourraient bien faire sur leur maison pour épater Fred et Kaly.

Gestes d'antan

L'an dernier, je lavais mon linge dans la rivière. Maintenant, j'ai une Bosh et une femme de ménage pour l'utiliser ;-)

Mais là, je n'ai plus de café. Sauf celui, délicieux, moussoné, mais en grains, apporté des Îles par Claude.
Alors je mouds mon café avec le vieux moulin de bois hérité de maman :



Et ça sent si bon !

26 janv. 2010

Ça se précise, et ça sent pas bon...

[Attention aux âmes sensibles, voici le premier message «noir» de notre aventure mexicaine]

On avait fini par penser que personne ne viendrait jamais occuper le terrain voisin.

Et voilà que, suite à la visite de la dame des supposés acheteurs, on reçoit par courriel un plan de construction d'une nouvelle maison pratiquement collée sur la nôtre, et un « char de marde » à propos de décisions que l'on aurait prises sur «leur» terrain (ils n'ont toujours pas acheté) : plutôt que de les priver de fosse septique (l'originale était chez nous), on en a fait construire une deuxième, liée à la nôtre; les deux jointes suffisant pour deux maisons.
On apprend aussi qu'on n'avait pas le droit d'aménager le tas de gravats qu'était ce terrain, et qu'on avait sous les yeux, en y plantant des palmiers et du gazon, ni d'y déposer des roches du côté de la mer; on nous reproche d'avoir construit une grande maison alors qu'ils n'étaient même pas encore dans le décor; d'avoir continué le garde-fou du malecon de leur côté; d'avoir repeint la petite maison où nous habitions durant la construction avant qu'il soit question qu'elle soit vendue...

Les gars, revenez ! Faut tout défaire, remettre les gravats en place et les roches à la mer !

Ça commence bien, le voisinage, hein ?
On finira par construire un mur entre les deux propriétés, si ça se trouve.

Teo est Kong

Il a jeté le sien à la mer, du haut du malecon.

Bah... De toute manière, son jouet préféré est une vieille noix de coco.

13 janv. 2010

Au bar des âmes perdues

On est passés à San Blas, aujourd'hui.
Acheter deux-trois cigares pour Gilles chez Monsieur Salvador.
On ne lui a pas dit qu'on avait trouvé les mêmes à Tepic à 50 pesos au lieu du «merveilleux prix d'ami» de 300 peso qu'il nous faisait...

Un peu de pain à la boulangerie, un tour devant chez Carmen et Lorenzo pour voir s'ils sont arrivés (non) et une bière au San Blas Social Club.
Quelle galerie de personnages ! White trash culture ? Baba Cool passés date ? Vieux surfers qui se sont pris les pieds ?
Nos dix ans (au moins) de moins que la moyenne nous permettent encore de les regarder comme des étrangers.

Je disais de Bernardo (le barman qui me fait le baise-mains) que lui, sûrement, était un ancien surfeur, avec ses abdos en béton. Gilles, un peu jaloux me répond « ouais, mais il s'est pris la planche dans la gueule ! »
Les anglos ne comprenaient pas pourquoi on riait aux larmes.

Souvenir de vacances

C'est vrai... dès lors qu'ils sont arrivés, les jeunes, on a eu le sentiment –jamais éprouvé auparavant– d'être en vacances chez nous...

Alors, en vrac, les trouvailles d'après leur départ : une paire de chaussettes beiges (Jérôme dit que c'est à lui. Si c'est vrai, je le renie); un décapsuleur-dauphin kitch made in China; un fond de crème de tequilla (un genre de Baileys – pas mauvais si on rajoute la même quantité de tequilla); une bouteille d'un litre de Chimay bleue (on se la garde pour des jours meilleurs); le coeur éploré de Carmelita regrettant ses deux amoureux (mais vite retournée à Yiiiil, ses anciennes amours); un chapeau de paille; une valise en consigne; un seau et une pelle pour jouer dans le sable; des livres, des livres, des livres !... et le souvenir radieux de ces 15 jours de retrouvailles familiales.

Et puis cette déclaration mémorable de gringos californiens passant sur notre plage : « ce n'est pas une vraie plage, c'est pas beau comme les Caraïbes ».
Retournez-y, osti !

10 janv. 2010

Les princes et leurs princesses

... sont repartis au loin, dans leur palais de glace.

C'est calme, calme, ici.
Même les dauphins ne sont pas revenus depuis leur départ.

31 déc. 2009

Des photos...

... piquées à gauche à droite dans les appareils qui traînent...


Les filles à la plage



Les gars sont cons


Euh...


Carlos, le beau-frère de Roberto et Piolin, à son stand du marché de Tepic


Elle est belle, celle-là, hein ?
Merci Evelyne !

Recette express

Ingrédients : une voiture.

Commencez par aller à Tepic (avec Antonin et Evelyne si disponibles) faire un peu de tourisme et quelques courses de dernière minute pour le lendemain 31 décembre.
À tout hasard, achetez un kilo d'épinard frais et un kilo de crème fraîche. Vous pouvez aussi céder à la tentation d'une dinde de 7 kilos.

Sur le chemin du retour, passez chercher Claude à son arrivée de Guadalajara à la gare routière, et ramenez le tout à Los Cocos.

Une fois rendus, comme il est tard et que les jeunes ont passé leur journée à la plage plutôt que de faire à souper, faites revenir le kilo d'épinards avec un peu de sel et d'ail; ajoutez de l'eau, faites cuire 10 minutes. Ajoutez la crème.
Servez avec des viandes froides, du fromage (n'oubliez pas l'Époisse bien coulant apporté par Marie-Hélène) et arrosez de vins blanc et rouge.
Sortez l'argenterie, vu que vous n'avez pas assez de couverts d'usage courant pour 8 personnes.

Après la vaisselle, comme il n'y a aucune place dans le frigo pour conserver une telle quantité de soupe, laissez la casserole pleine sur la cuisinière. Oubliez d'en ôter la louche d'argent qui y trempe.

Au matin, miracle ! la partie immergée de votre louche d'argent est étincelante !

Optionnel :

Après le petit déjeuner, vous pouvez opter pour la préparation de la dinde au whisky, mais cette recette étant plutôt destinée à être mangée le lendemain (sans compter que le whisky a été bu la veille), trouvez autre chose.

C'est là que votre Claude ramené la veille trouve toute son utilité.
Sortez des ingrédients au hasard, mettez-lui tout ça dans les mains avec la dinde, regardez faire.
Allumez le four, déposez-y la dinde, envoyez Gilles et Claude à San Blas chercher des courgettes pour la purée trois-couleurs et patientez 5 ou 6 heures.

C'est tout ! Bonne année à tous !

26 déc. 2009

C'est la (les) fête(s) !

Ah ça, il y en a, de l'animation !
Heureusement qu'ils dorment tard, mes jeunes. Il me reste le calme de 7 heures du matin pour profiter de la quiétude.

Hier, comme cadeau de Noël, les dauphins ont joué par dizaines dans la baie toute la journée !
Même sans plage, on est allés se baigner.

Avant hier, pendant que Gilles allait faire visiter San Blas aux filles (et se faire toute une réputation au Bar des Gringos !), les gars et moi, on a enfin installé les garde-fous des balcons et du mur de mer.

Ce matin, un partie de la gang part à Tepic. Il faut déjà regarnir les frigos... et le bar !
Je vous mettrai des photos quand ils seront partis.

Joyeuses fêtes à tous.

16 déc. 2009

Des nouvelles de Teo

On l'a ramené jeudi dernier. Pas guéri, mais mieux. Il est chauve, déplumé en d'autres endroits du corps; croûteux, pas beau du tout...
Son petit séjour à l'hôpital, ou sa maladie, lui a fait un effet Ritalin. Il est nettement moins excité, moins fébrile qu'avant. Je n'irais tout de même pas jusqu'à dire « plus calme ».

Il m'a donc tenu compagnie toute la semaine du voyage de Gilles à Montréal (qui rentre demain soir). Et il m'a occupée, aussi, avec ses deux shampoings anti-parasitaires hebdomadaires, ses applications de lotion puante, ses bains de mer quotidiens depuis que la plage est revenue une ou deux heures par jour (oui, oui !), le ramassage de cacas et des rebuts de ses divers déchiquetages sur le gazon, le lavage quotidien des housses de divans où il se prélasse la nuit (et, manifestement, un seul ne lui suffit pas... il visite les trois !)

Hier, je suis allée à Puerto Vallarta avec John et Christina. Festival de la consommation. Costco, Wallmart, Home Depot, retour au WallMart, visite d'un horticulteur (j'ai acheté un aloès). En chemin, Christina me demande si je n'ai pas peur que Teo s'en aille tout seul sur la plage. Jamais ! Il est trop sage pour ça, que je lui dis.

Sauf que, aujourd'hui, comme il ne pouvait pas rentrer dans la maison tant qu'il n'était pas sec après son shampoing, il a décidé d'aller voir ailleurs. Je l'ai rappelé. 20 minutes plus tard, il avait de nouveau disparu !

Comme je n'ai pas mon menuisier sous la main, j'ai fait avec ce que j'avais :



Il va avoir honte de moi, le menuisier !!!

Enfin, ce qui compte, c'est l'efficacité. Et j'ai un doute... Serait-elle encore là après la marée haute de la nuit, ma porte ?

Enfin... Ce qui compte, c'est l'intention, hein ?

10 déc. 2009

Bye, la Moune



La maman de Gilles est décédée cette nuit.
Je publie ici les messages reçus par Gilles.

Jean-Luc et Michou :

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Salut Gilles,

On l’aimait bien Mamy Brault.

Je t’envoie un paquet de chaleur à planquer dans ton cœur, en espérant que ça aide…

On va boire un verre de rosé à la santé de sa nouvelle vie.

Bises à vous deux,

JL

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Le message était accompagné de cette chouette photo :

28 nov. 2009

Bibitte !!!

Mercredi soir, la teigne, ou la gale, ou va savoir quelle bibitte de Teo semblait être partie en folie.
Le crâne en sang, on l'appelait « Red Ketchup » !

On l'emmène donc avec nous à Tepic jeudi, on voit le vétérinaire qui ordonne une série de soins qu'on s'empresse d'appliquer dès le soir. Pilule, shampoing, lotion sur tout le corps.

Vendredi, il semble pareil. Se roule dans la terre pour calmer les démangeaisons puis dodo sur le fauteuil... Yé !

Mais ce matin !
Il n'est même pas sorti de sa salle de bains où il dort, ne mange pas, ne bouge pas de la journée, n'a emmerdé personne... On se dit que c'est le médicament qui l'assomme, et on lui fout la paix.
Jusqu'à ce que...

[Ne me confiez jamais un service d'urgence, hein !]

J'allume enfin. Yeux gonflés, bouche gonflée, gorge gonflée... Œudème de Quincke, bon sang !!!
Réaction allergique !
Et le sang sur la tête, c'était pas des bibittes, c'était de l'urticaire.

Il est 6 heures du soir quand j'ai mon illumination. Je fouille Internet pour voir l'évolution naturelle d'un œdème de quincke auquel il semble avoir survécu (il respire toujours, il a même mangé); je ne trouve rien. Toutes les pages parlent d'urgence vétérinaire.

Mais là, on est au bout du monde. Il est 7 heures... Je re-fouille Internet pour trouver le numéro du vet' de Tepic, je l'appelle... et la clinique est encore ouverte un samedi soir.
Pas mal, mais va-t-en expliquer l'état de Teo en espagnol... J'y arrive tant bien que mal; je prends l'ordonnance d'anti-histaminique injectable par téléphone, réveille Gilles qui somnole devant la TV. Direction la pharmacie d'Aticama --qui est ouverte à 7 h 30--; on achète l'ampoule et une seringue.
Mais, euh... j'ai jamais fait une intra-musculaire à un chien, moi !!!
Je demande à la pharmacienne si elle a déjà fait ça. Non.
Bon, ben... je vais m'essayer...

Là-dessus, faut que je vous raconte une autre histoire :

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C'est gilles qui me dit, il y a quelques jours, qu'il pense commencer un orgelet sur l'oeil droit. Je regarde, et ça y ressemble. Je sors les gouttes et le collyre.

Le lendemain matin, la paupière inférieure est gonflée. Je mets de la glace, sans réel effet. On continue les gouttes et le collyre.

Le lendemain, c'est encore plus gonflé. On dirait qu'il s'est battu.

Mardi, après les courses, on arrête au minuscule dispensaire du village. Trois pièces vétustes. Un médecin, une infirmière-réceptionniste, et deux personnes qui font l'inventaire en écrivant de gros numéros au feutre sur les meubles.
Personne d'autre, pas de patients.

Je présente le cas à la réceptionniste (c'est toujours moi qui cause. Lui, il dit seulement /duele/ ou /no, no duele/...)
Elle appelle le doc qui sort de sa salle de consultation. Il a tout juste l'air d'avoir 25 ans... Jeans et t-shirt. Pas de blouse.
Toujours dans la salle d'attente, il fait son diagnostic : piqûre d'araignée.
Mais, s'il a bien de quoi faire une injection de cortisone, il n'a pas l'«eau injectable» pour diluer - ou elle est périmée; il nous envoie à la pharmacie du village avec un post-it rose sur lequel il a fait son ordonnance :
*Agua injectable 20 ml.
*Celestamine NS. tabletas.

160 pesos. 13$.

On revient cinq minutes plus tard.
Le doc est occupé à soigner une vilaine plaie au genou d'une gamine.

L'infirmière range vaguement ses papiers sur son bureau, sort les flacons, seringue, aiguille. Pas de gants.
Elle prépare l'intra-veineuse sur le dos de la main. Le sang pisse sur son bureau.
Elle fait les deux injections, nettoie vaguement les traces de sang sur son aide-mémoire scotché sur le bureau.

Le médecin a fini avec la gamine qui ressort de la salle de consultation, boitante et souriante.

Il rédige son ordonnance officielle, rajoute un tube de Xyloderm et fait ses comptes pour l'onguent et la consultation pour des non-assurés : 192 pesos. 15,50 $.
J'ai voulu laisser la monnaie dans la boîte à tips, mais il n'y en avait pas.

Au moment de partir, une dame entre avec un bébé mal en point sur le bras. Le Dr. Arturo nous a déjà oubliés.

30 minutes, 30$ max, pour tout ça.

J'ai eu un pincement au coeur en imaginant la situation d'un Mexicain sans papiers à Montréal (ou dans un patelin perdu...) ayant besoin d'un médecin...
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Bref, avec Teo dans la voiture (il adore la voiture) on se dit que, peut-être, le dispensaire est ouvert et qu'on pourrait demander...

Ben oui. Il est presque huit heures, le petit doc est là, qui attend qu'une maman ait fini d'administrer de l'oxygène à sa gamine asthmatique.
Je lui explique.
Il dit : « c'est bien, l'anti-histaminique, mais on va ajouter une ampoule de cortisone ».
Il en avait juste là, sous la main. Sans doute pour la gamine...

Il remplit ma seringue des deux ampoules, on sort, on ouvre la porte arrière de la voiture, et il injecte ça dans la cuisse de Teo comme s'il n'avait fait que ça toute sa vie.

Après, il regarde Gilles, inspecte son œil redevenu presque normal, prend de ses nouvelles, nous serre la main et retourne à son travail après avoir fini par accepter que je lui paie les 50 pesos de l'ampoule de cortisone.

Parfois, les choses semblent si simples, ici.

[Je vous épargne les photos de Teo :-]

24 nov. 2009

Cher blogue

Je te néglige, je le sais...

Mais que pourrais-je bien te raconter ?
Qu'il fait beau, qu'il ne pleut plus, que la plage n'est toujours pas revenue ?

Ah, oui. On a acheté des palmiers. Des grands. 100$ la douzaine.
On se fait une haie de palmiers pour masquer l'autre moitié de terrain par trop déprimant.

Le couple d'Américains qui devait l'acheter, ce demi-terrain, et partager avec nous l'entrée et l'escalier de mer ne sont pas encore décidés.

Comme on n'a pas (encore ?) de plage, Gilles emmène Teo se promener sur la plage de Matanchen. Pas loin; à 3 km d'ici, juste passé Aticama, près 20 km de sable.
Ils s'en donnent à coeur joie, et la nervosité de Teo s'en trouve grandement calmée !

On termine les préparatifs pour l'arrivée de la visite. A-t-on assez de draps ? Ça prendrait des rideaux là, et là... Et des assiettes ! On n'en a que quatre... Qu'est-ce qu'on prépare pour Noël ?
Il ne reste qu'un mois.