Comme je suis devenue Ana, que Gilles est Gil, Théo sera Teo.
Le chaton qu'on nous propose, on sait pas encore. Faudra voir sa face...
On a comme fait une croix sur l'espoir de revoir Lafrite. Et si elle revient, il faudra qu'elle accepte ses nouveaux amis !
Gilles avait adopté un crabe, cet après-midi. Installé dans le seau à vadrouille, accroché sur une éponge restée dans un fond d'eau. Raymond. Mais j'ai déposé l'éponge sur le muret qui nous sépare de l'hotel Marbo, en espérant que Raymond aille rejoindre ses camarades crabes rouges en bas du mur. Mur sur lequel j'ai aperçu notre iguane, hier. Je l'ai appelé « th th th !», mais il m'a regardée et a continué son chemin. Il est peut-être gêné d'avoir mangé Lafrite ?
(Sérieusement, d'après Roberto, elle vit plus loin, après le Marbo... mais où ?)
La mer, devant chez nous, est impraticable pour le moment. Trop forte, pas de plage, des rochers et des gravats de l'ancien malecon. On s'assied dans l'escalier, et on attend que les vagues viennent nous frapper. Bain tourbillon en s'accrochant aux barreaux qui un jour servirent de cadre de porte. On va à la plage d'Aticama, que seul Teo apprécie.
C'est vraiment un chien d'eau ! Il nage comme un poisson ! Et quand il n'a pas la mer, ce sont les trous d'eau que les pluies laissent au matin, ou... mon bassin de lavage (on n'a pas encore acheté de machine) qui lui permettent de s'ébattre. À choisir, je préfère mon bassin de lavage... parce que, quand il sort des trous d'eau boueuse, c'est un désastre !
Cette maison immense, où on entre comme dans un moulin (sans ôter ses chaussures -- la vadrouille travaille fort !), entourée de restants de chantier innondés chaque nuit, sera sans doute un jour un hâvre de paix.
Pour l'instant, entre Roberto qui débarque dans mon salon-chambre à coucher où je dors encore à 6 heures et demie du matin, les gars des moustiquaires qui finissent à 8 heures du soir, Pancho qui fait la céramique d'en haut avec Tony, Luis qui débarque pour voir si les portes et les fenêtres sont vraiment si mal faites-mal étanches-mal peintes- si cochonnées que ça, Isaïe, le fils de Roberto, qui chante à tue-tête comme une planche à repasser, et tout ce beau monde qui « bouette » tout, se sert dans le frigo, pique les clés de la voiture pour aller à San Blas... Ben... Ça commence à bien faire.
Ma vertu première (et seule) a beau être la patience, je vivrais bien quelques jours sans visites.
J'ai bien tenté de m'enfuir, hier, mais je maîtrise mal la moto. Badaboum. Une belle pelle sur le gravier ! Rien de grave, à part un peu d'orgeuil froissé.
J'étais allé à Tepic avec John-le-voisin, la semaine dernière, voir si je pouvais faire réparer les lunettes de Gilles. Trouvé l'hôpital des lunettes, fait resouder la monture d'un des verres... L'autre a sauté hier...
J'ai rencontré aussi le dentiste de John, et son prothésiste. J'irai faire des radios la prochaine fois, on verra si je peux faire faire des implants (8, ils ont compté), et à quel prix. John me rassure : ça ne fait pas si mal que ça, lagreffe d'os !
On a fini notre promenade en allant se manger un fameux poisson. Et « Pourtant, que la montagne est belle », mon refrain favori qu'il m'a fallu près de 40 ans pour apprécier, sur le chemin du retour.
Never Mind
Il y a 17 heures

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