Ces quelques jours qui séparent l'hiver montréalais de l'été s'appellent
le printemps.
Ça dure une où deux semaines où l'on voit se côtoyer dans la rue les bottes fourrées et les sandales, les manteaux Kanuk et les dos nus, où l'on aperçoit des gens se dorer au soleil en tenue fort légère à deux pas des montagnes de neige sale poussées par les « charrues » tout le long de l'hiver. Les bourgeons sortent, et, en quelques jours, paf ! c'est l'été.
Bientôt, on n'y pensera plus, à cet hiver. Jusqu'au prochain.
J'ai exploré le supermarché du quartier chinois, au coin de Saint-Urbain et René-Lévesque, ce matin. C'est, comme qui dirait, marqué cuturellement: au rayon boucherie, des emballages de pattes de poulet ou de pieds de porc en format famillial.
Autre sujet d'étonnement, l'ampleur qu'a pris, en un an, l'économie écolo : des rayons entiers de « bio » (qui en portent le nom, en tout cas, faute de réglementation), d'équitable; un rayon boucherie « sans antibiotiques »... Et puis la quasi-disparition des sacs en plastique, en si peu de temps.
Il y a si peu encore, je bataillais avec ma SAQ pour pouvoir transporter mes bouteilles de bière dans mon petit panier Stella des années 60. Il me l'emballaient dans un sac.
Aujourd'hui, plus rien. Même pas leur fameux sac brun. Si on a oublié d'emporter son caddie ou
son cabas, on offre au regard des passants la vision de notre vice, et même à combien il s'élève.
Difficile de passer devant un « quêteux » l'air de rien, avec trois bouteilles de mousseux à nu, sous le bras !
Voilà passée notre Régie des Alcools de curé de l'abstinence apparente à curé de l'écolo...
Quant aux autres curés, ceux du lobby anti-tabac, ils ont réussi à transformer les comptoirs de dépanneurs en grand écran blanc derrière lesquels sont cachés ces produits si dangereux mais si payants. C'est tristounet, ces étalages qui ont perdu leurs belles couleurs ! Faudrait développer un concept de projection d'images de coy-boys sur ces écrans, maintenant :-)
Si mon paysage montréalais a tant changé en un an, je n'ose imaginer Bruxelles !