30 juin 2009

On rebaptise

Comme je suis devenue Ana, que Gilles est Gil, Théo sera Teo.
Le chaton qu'on nous propose, on sait pas encore. Faudra voir sa face...
On a comme fait une croix sur l'espoir de revoir Lafrite. Et si elle revient, il faudra qu'elle accepte ses nouveaux amis !

Gilles avait adopté un crabe, cet après-midi. Installé dans le seau à vadrouille, accroché sur une éponge restée dans un fond d'eau. Raymond. Mais j'ai déposé l'éponge sur le muret qui nous sépare de l'hotel Marbo, en espérant que Raymond aille rejoindre ses camarades crabes rouges en bas du mur. Mur sur lequel j'ai aperçu notre iguane, hier. Je l'ai appelé « th th th !», mais il m'a regardée et a continué son chemin. Il est peut-être gêné d'avoir mangé Lafrite ?
(Sérieusement, d'après Roberto, elle vit plus loin, après le Marbo... mais où ?)

La mer, devant chez nous, est impraticable pour le moment. Trop forte, pas de plage, des rochers et des gravats de l'ancien malecon. On s'assied dans l'escalier, et on attend que les vagues viennent nous frapper. Bain tourbillon en s'accrochant aux barreaux qui un jour servirent de cadre de porte. On va à la plage d'Aticama, que seul Teo apprécie.
C'est vraiment un chien d'eau ! Il nage comme un poisson ! Et quand il n'a pas la mer, ce sont les trous d'eau que les pluies laissent au matin, ou... mon bassin de lavage (on n'a pas encore acheté de machine) qui lui permettent de s'ébattre. À choisir, je préfère mon bassin de lavage... parce que, quand il sort des trous d'eau boueuse, c'est un désastre !

Cette maison immense, où on entre comme dans un moulin (sans ôter ses chaussures -- la vadrouille travaille fort !), entourée de restants de chantier innondés chaque nuit, sera sans doute un jour un hâvre de paix.
Pour l'instant, entre Roberto qui débarque dans mon salon-chambre à coucher où je dors encore à 6 heures et demie du matin, les gars des moustiquaires qui finissent à 8 heures du soir, Pancho qui fait la céramique d'en haut avec Tony, Luis qui débarque pour voir si les portes et les fenêtres sont vraiment si mal faites-mal étanches-mal peintes- si cochonnées que ça, Isaïe, le fils de Roberto, qui chante à tue-tête comme une planche à repasser, et tout ce beau monde qui « bouette » tout, se sert dans le frigo, pique les clés de la voiture pour aller à San Blas... Ben... Ça commence à bien faire.
Ma vertu première (et seule) a beau être la patience, je vivrais bien quelques jours sans visites.

J'ai bien tenté de m'enfuir, hier, mais je maîtrise mal la moto. Badaboum. Une belle pelle sur le gravier ! Rien de grave, à part un peu d'orgeuil froissé.

J'étais allé à Tepic avec John-le-voisin, la semaine dernière, voir si je pouvais faire réparer les lunettes de Gilles. Trouvé l'hôpital des lunettes, fait resouder la monture d'un des verres... L'autre a sauté hier...
J'ai rencontré aussi le dentiste de John, et son prothésiste. J'irai faire des radios la prochaine fois, on verra si je peux faire faire des implants (8, ils ont compté), et à quel prix. John me rassure : ça ne fait pas si mal que ça, lagreffe d'os !
On a fini notre promenade en allant se manger un fameux poisson. Et « Pourtant, que la montagne est belle », mon refrain favori qu'il m'a fallu près de 40 ans pour apprécier, sur le chemin du retour.

23 juin 2009

Il pleut dans ma maison [air connu]

Voilà Andres, la première tempête tropicale de la saison :
http://www.wunderground.com/tropical/tracking/ep200902_sat.html#a_topad



Et comme les portes et les fenêtres d'en haut ne sont pas encore étanches, il pleut... et puis ça coule en bas.

Avant :



Après :

20 juin 2009

En images

On pensait que c'était fini, l'enfer de la boue, du ciment, de la bétonneuse...



Plus de porte...



L'escalier, peint juste avant notre départ, et plein de rouille :-)



Vues de l'étage. La céramique avance, et c'est pas moi qui la fais.



19 juin 2009

Tant de choses...

D'abord, Théo. Bébé labrador de trois mois, qu'on a depuis deux jours. Seul blond d'une famille de labradors chocolat, il en a quelques taches disposées aussi harmonieusement que discrètement.
Sage comme une image, obéissant, et qui vole, comme tout bon chiot bien constitué, les chaussures pour les amener au milieu du terrain...



Bon, on n'avait pas prévu qu'il soit couvert de tiques...
Mais c'est un plaisir de prendre sa douche avec lui et de le savonner deux fois par jour au savon anti-parasites ! Il a d'ailleurs élu la salle de bains comme chambre à coucher, et... comme lieu de repli en cas de danger. C'est là qu'on l'a retrouvé, hier soir, pendant un orage mémorable où l'eau rentrait de partout (mais principalement des fenêtres pas encore placées à l'étage... on attend... mañana ?), dans la salle de bains, donc, où il s'était réfugié après avoir machouillé puis sectionné le cable d'alimentation de mon Mac. Les 12 volts dans la bouche l'ont surpris, il a sauté, et ramassé le mac sur la tête. Kaï !

Nuit d'enfer, donc... Ça a commencé par un vent à écorner les palmiers, puis une pluie tombant à l'horizontale. Pas plus grave que ça --un coup de vadrouille sur la céramique, et il n'y paraîtrait plus-- si on n'avait pas commencé à placer la céramique de l'étage en commençant par les terrasses... la gravité faisant le reste, les pièces étaient innondées, mon modem, mon routeur aussi, et menaçait de descendre par l'escalier en colimaçon... sans parler de l'antenne placée stratégiquement au bord de l'eau (où il n'y a pas de palmier pour lui masquer la vue) et dont le trépied commençait à s'enfoncer dangereusement dans le sol pas encore compacté du malecon.

Avec ça que Roberto avait choisi sa journée pour creuser l'emplacement de la nouvelle fosse septique. Ce matin, on aurait pu choisir d'en faire plutôt une piscine !

Et que Lili avait choisi sa soirée pour venir dormir chez nous avec son Gordo qui touche à tout, met de la plasticine dans le lecteur de CD, ne dit toujours pas un mot et ne dort toujours pas.

Bref, vadrouille et raclette jusqu'à deux heures du mat', et vague dodo moite sans ventilateur pour cause de plus d'électricité.

On avait passé la journée à Tepic, pour y faire des courses indispensables et fuir un peu l'enfer de la pelleteuse. On avait emmené Théo, qu'on a fait voir par un vet' en vitesse.
Air climatisé obligatoire en voiture, à Tepic : il faisait 43 degrés dehors !
Toutes les courses au WalMart, pour concentrer les efforts. Une foreuse, une étagère, un microondes, des trucs, des machins, de l'insecticide à termites qui avaient déjà commencé à dévorer les livres qu'on avait laissés ici (demain, certains feront un beau feu), à manger aussi, accessoirement...

Aujourd'hui, on a fait avec John-le-voisin des tests du booster de wi-fi afin d'avoir le meiller signal du camping Miramar à l'autre bout de la baie. Impeccable ! Sauf que... il faut qu'ils songent à rallumer leur modem après une panne d'électricité ! Bref, plus d'antenne (je la placerai demain sur le toit), pas de Miramar. Privés d'Internet. Bon, j'écris quand-même, je prends de l'avance. Un petit copié-collé demain, et le tour sera joué !

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Mise à jour :
J'ai placé l'antenne sur le toit en trafiquant un peu les pièces du trépied, et les fenêtres ont été placées en prévision de la tempête tropicale qu'on attendait ce soir. On dirait qu'elle est passée au large : gros vents, un peu de pluie, et mer si forte que la porte en fer du malecon est allée se promener on ne sait où.

14 juin 2009

Le retour à Los Cocos

Il fait si chaud !
Normalement, j'aime ça, la touffeur, ce sentiment qu'il faut à tout prix changer de mode de fonctionnement, avoir le geste plus lent, plus long; laisser tomber les normes, l'urgence, et puis la veste.
Mais là ! Il va nous falloir une bonne semaine pour se réacclimater !
Surtout que nos deux mois à Montréal n'avaient rien pour nous habituer à la chaleur...

On a commencé par rendre la maison à peu près habitable (Gilles a dû ranger ses velléités de perfections dans le placard... Ça n'a pris que 48 heures, il s'améliore), les modules de cuisine sont en place, les fauteuils Ikea sont montés. On peut manger, boire, dormir, prendre une douche, faire la vaisselle, écouter de la musique (on a emporté tous les CD), aller se baigner dans la mer (j'ai voulu ouvrir le cadenas de la grille qui nous en sépare : la moitié de la clé m'est restée dans la main - Robertoooo ! Ta pince monseigneur !!!) et j'ai récupéré ce matin mon antenne chez le voisin. Passons aux choses sérieuses.

J'ai 200 mètres carrés de céramique à placer avant les pluies (j'ai demandé de l'aide), houspiller Roberto pour qu'il installe la deuxième fosse septique, puis placer le drain pour l'eau de pluie, et pour finir (avec lui) égaliser le terrain pour y faire un jardin; houspiller aussi Luis qui fait les portes et les fenêtres, commander les moustiquaires aux vitriers (une compagnie fait les portes, une autre place les vitres), puis payer tout ce beau monde...

Après, il faut trouver une porte pour la salle de bains (les menuisier se prennent pour des orfèvres, ici !); le drap de lit tendu dans l'ouverture, ça fait pas trop discret; trouver LA machine à laver qui «fittera» dans l'espace du comptoir en ciment qui lui est réservé; et puis trouver les meubles qui auront à occuper tout cet espace. Un lit, des fauteuils, des bibliothèques,... pour l'instant, tout traîne à terre, les vêtement sont dans les caissons qu'on a utilisés pour transporter notre barda, les livres sont en piles sur la table de travail... inutilisable, du coup. Bref, c'est comme après un déménagement dont deux des trois camions se seraient perdus en route :-)

Au moins, on a replacé notre enseigne « bienvenidos, mi casa es su casa ». C'est le principal (malgré que Christina la voisine m'a bien encore répété que jamais-jamais-jamais il ne faut laisser un Mexicain prendre ses aises chez soi.)

Pas de nouvelles de Lafrite. Mais, après un voyage à San Blas cet après-midi, il manquait beaucoup de croc-croc dans le bol laissé dehors. On se cherche un bébé labrador. Elle a intérêt à revenir vite, si elle veut lui montrer qui est le boss ici !
Pour aller à San Blas et en revenir, Gilles a voulu essayer le chemin « alternatif », celui qui passe par la plage (20km, tout de même !) avec son X-Trail. Convaincant !!!

Faites-moi penser à vous raconter notre passage à la frontière mexicaine, puis la nuit au Holliday Inn de Monterrey, et l'autre à Lagos de Moreno.

7 juin 2009

Tennessee, Arkansas

On s'est levés tard. Un petit déjeuner infect (beignes et café pipi de chat) et on repart. But de la journée : Little Rock, Arkansas.

Rien de bien passionnant. En traversant la rivière Hatchi, on éternue; et en traversant le pont du Mississipi, il fait 32 degrés. Arrivés à Little Rock, 35.

Cette fin d'après-midi, je fume à côté de la porte de ma chambre de motel. Un Noir immense, âgé de 18 ans maximum, me demande s'il peut utiliser ma salle de bains. Il est en autobus, il y a une file de 20 personnes pour les toilettes prévues pour eux, et... c'est urgent.
Oui, que je lui dis.
Cinq minutes plus tard, il ressort, soulagé.

Quand je passe au lobby, un peu après, pour demander le mot de passe de leur connexion Internet, le gérant me tance : « Je vous ai vue laisser un inconnu entrer dans votre chambre. C'est mal. Ne faites jamais ça. »

Je n'aimerais pas vivre dans un pays où il faut constamment se méfier de son prochain.
(En passant, on dirait que tous les motels sont tenus par des Pakistanais, dans la région. )

On s'en est allés souper dans un resto du coin. Le choix n'est pas compliqué : on élimine le MacDo, le Burger King, le Alby's, le Waffle-je ne sais quoi et on prend ce qui reste, qui n'a pas l'air d'une chaîne.
Ce soir, c'était le « Chico ». On a refait connaissance avec les frijoles, les tamales, les fajitas et la salsa. Et avec notre espagnol.

6 juin 2009

Bowling Green, Kentucky

Rien à signaler, à part qu'on a reculé d'une heure...

Alors, histoire d'alimenter, j'ai importé dans ce blogue-ci les articles du blogue « secret », pour ceux qui n'y avaient pas eu accès. Les quelques articles insérés sont disséminés entre novembre et mars.

5 juin 2009

C'est reparti !

On a traîné un peu...
On n'est pas partis le premier juin parce que... je ne me souviens plus. Pas le deux non plus pour une autre raison. Puis, pas le trois --ça je me souviens-- parce qu'on a décidé d'aller acheter un «booster» de wi-fi chez Cellextreme à Saint-Jean-sur-Richelieu.

«Paqueter le char» ne fut pas une mince affaire ! Quatre fauteuils démontés sur le toit, huit caissons de plastique pleins à ras bord de matériel de peinture (à l'huile!), ou de dessin, des trucs qu'on ne voulait pas abandonner, mon cerf-volant, l'antenne à wi-fi, les vêtements, une guitare (pas deux !) un ampli, une étagèer, un chevalet,...

Ouf ! On a l'air de Turcs de Belgique partant dans la famille d'Anatolie, ou de Mexicains rentrant au pays. Ben, ça tombe bien, c'est un peu ça qu'on est :-)

On est partis tard, donc. Et Gilles dit que si on roule trop le premier jour, « on se brûle »...
C'est lui qui conduit, c'est lui qui décide.
Cinq heures de route, donc, pour arriver au bord du Lac Ontario, sur la Baie de Quinte, plutôt, à Bayside. Un petit motel sans prétention, sur une rive charmante. On s'y est fait plein de petits amis :









Et... dodo à 9 heures !
Parfait, ça a permis de prendre très tôt la route. À 7 heures, on roulait.

Qu'elle est plate, sans intérêt, cette route qui longe la rive nord du Lac Ontario ! Et après Toronto (9-10 heures, ses bouchons...), vers Windsor ! On devait se pincer pour rester éveillés tant c'est morne !

Enfin, vers deux heures de l'après-midi, on arrive à la frontière. De quoi nous réveiller ? À peine.
On sentait bien que le douanier avait fort envie de fouiller ce véhicule plein comme un oeuf... Mais on sentait bien, aussi, que sa pause était proche et qu'entre emmerder un couple belgo-canadien ou aller se reposer, son cœur balançait.
Fort heureusement pour nous, il a opté pour la paresse !
Et comme mon visa obtenu de peine et de misère en mars dernier à la frontière mexicaine était encore valide, on est passés comme... un paquet à la poste.

Le Michigan, puis l'Ohio où on arrête faire des courses, et voilà déjà presque 4 heures, le temps de commencer à se trouver où dormir. Roule, roule... On opte pour Lima. Le premier motel annoncé est introuvable et on risque la panne d'essence. (C'est que ça consomme un max, un char chargé comme ça ! Et puis, ça a un tout petit réservoir, ce X-Trail...). On fait un pein, on repart, on essaie le motel suivant... Au secours !
Ça pue, c'est crasseux. La tenancière ressemble à une sorcière.

On passe au suivant, à quelques mètre. Parfait. Enfin... si on exclut les deux gros Noirs couverts de chaines en or comme voisins d'un côté et le trucker à t-shirt Harley de l'autre.

Ça ira. On mange nos provisions, relaxe... Je sens que la soirée ne sera pas longue.