(Mon
D est revenu !)
Le premier quartier de lune est roux dans un ciel noir et compact. Les
chouras (geckos) qui se promènent au plafond poussent des petits cris presque trop gros pour eux. Comme le rire d’une hyène‚ mais en plus mignon. Tchip-tchip-tchip--tchîp-tchîp--tchîp-tchîp. Toujours par sept.
Le soir‚ les nuages s’accumulent dans les montagnes. On entend l’orage tonner. Parfois ça pleut‚ parfois pas. Et quand ça pleut‚ c’est le déluge. Ce soir‚ ce sera « pas ».
Il fait chaud. On continuera à suer.
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Les vagues.
Fortes‚ pas fortes. Ensablées ou claires. Proches ou lointaines. Parfois l’air vibre de leur fracas assourdissant. Hier‚ terrifiantes‚ elles ont emporté la plage. Toute la plage‚ sur plusieurs kilomètres.
Un mètre d’épaisseur‚ au moins.
Il reste des roches et des morceaux d’anciens murs de mer‚ submergés.
Alors on s’assoit sur les dernières marches de l’escalier et on joue qu’on avait un bain tourbillon en riant comme des enfants quand une inattendue —plus grosse que les autres— nous bardasse.
Après‚ on attend de sécher. Ça fait toujours ça de gagné sur la chaleur.
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La maison
Pancho a fini la céramique; on va dire aux gars qui veulent repeindre les portes déjà rouillées que‚ tous comptes faits‚ on va faire ça nous-mêmes; Gabriel va repasser un de ces
mañanas pour terminer un truc ou deux. Gabriel a les
mañanas les plus fantaisistes de tous les Mexicains.
Mais c’est enfin la sainte paix ! On dort jusqu’à pas d’heure‚ le matin.
On a terminé la salle de bains du deuxième étage aujourd’hui. C’est commode‚ deux salles de bains‚ sous ces lattitudes :-)
Il manque des marquises sur les deux fenêtres au sud-est. Il n’y a plus que par là que la pluie entre.
John-le-voisin a une réelle réputation de
Godfather. Il contrôle —paraît-il— tous les gringos du coin. Moi je contrôle sa connexion à Internet et ses petits problèmes informatiques.
Hier‚ son antenne (il a la même que moi‚ à son usine à fruits secs) fonctionnait au ralenti. Puni pour avoir trop téléchargé. Je lui ai montré où chercher à quelle heure ce serait fini. Je ne l’aiderai pas à trouver le coupable...
En échange‚ il apporte des bébés-palmiers‚ ou des fleurs de son jardin‚ la pizza de Christina... On essaie d’être le plus possible indépendants face à lui. Et puis‚ pour nous‚ les Américains et les Canadiens anglophones sont aussi des gringos... On ne sera jamais de la même
gang.
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Téo
On nous l’avait vendu vacciné‚ vermifugé‚ propre sur lui... Il était‚ en fait‚ infesté de puces‚ de tiques‚ de mites et cette semaine je lui ai trouvé des vers intestinaux.
(Vous avez déjà fait une recherche dans Google Images sur le mot «ascaris » ? Ne faites jamais ça avant le souper !)
J’avais acheté du
Frontline (un anti-parasites) chez un petit vétérinaire sur le bord de la route de Tepic. Il devait être périmé depuis des années‚ vu l’effet totalement nul !
Bon‚ c’est corrigé. Et Teo peut regagner l’intérieur de la maison.
Il a eu droit à sa remière promenade sur la plage‚ il y a quelques jours‚ avant qu’elle disparaisse. Craintif‚ il avait fallu le porter jusqu’en bas de l’escalier. Quelle joie‚ une fois en bas !!! Comme sa maman‚ il se bat rageusement contre les gallets.
Au jardin‚ il chasse les lézards.
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Je finis‚ péniblement‚ le dernier des romans qu’on avait emportés.
Retour aux e-books‚ après.