19 mars 2012

Les ateliers

Pas beaucoup de participants, hier, pour l'atelier typo. Ça va, ça vient; parfois ils sont quinze, parfois deux.
La moitié arrive systématiquement en retard, mais hier c'était particulier : trois petites cousines de mon cours de français qui précède cet atelier, et leur oncle qui est venu les rejoindre.

Des pommes, des mandarines pour la texture de la peau, des carottes et même de la salade !
Des morceaux de gomme à effacer, et les timbres, bien sûr (le C est collé à l'envers !!!).
Gilles a passé la semaine là-dessus : découper la typo dans de la mousse de bricolage, la coller sur des blocs de bois, et... fabriquer une valise pour contenir le tout !















Pour les tampons, on n'a pas su faire comme ici (pas de tapis !). On a pris de fines éponges de ménage, découpées afin de rentrer dans les godets à mélanges.

Les timbres et le pochoir en forme de salamandre, c'est ce qui les a le plus intéressés.
Et les pastels secs, qui ont toujours leurs petit succès.

Plus de photos ici :
http://www.matanchen.org/ACTIVITIES/art-gallery.html#typo

Sur la même page, on peut voir deux autres ateliers.

17 mars 2012

Aujourd'hui

Tout va mal.

Je suis allée chez Kali ce matin comme prévu pour lui arranger son ordi qui n'envoie plus de courriels : pas là.

J'ai attendu Santiago qui devait vérifier un truc sur le vieux iMac avant de savoir si je peux lui acheter une nouvelle carte-mère : pas venu.

Les chats ont cassé mon plat huichol.

J'espère que la pizza va arriver !

À Puerto Vallarta

Mercredi dernier, en reconduisant Jérôme :

Pendant qu'il attend son enregistrement, j'achète du chocolat dans une boutique. C'est 62 pesos. J'en donne 70, elle m'en rend 3.

- Oh, désolée, j'avais tapé 65...

Toujours à l'aéroport, en haut, après le passage de Jérôme vers la porte d'embarquement, Gilles s'achète deux cigares, je prends une boîte de TicTac.

La demoiselle emballe, cause, ramasse les 200 pesos, répond à sa collègue, fait plein de trucs... et oublie de rendre la monnaie.

On va se prendre un café à côté. Ouf, j'ai la monnaie exacte.

En repartant, on fait le plein d'essence. Le préposé nous fait remarquer que sa pompe est bien à zéro avant de commencer.
526,45 pesos (appréciez au passage le prix d'un plein !!!)

Gilles lui tend 600, reprend sa monnaie et donne 10 pesos de pourboire.
Il me tend l'argent de la monnaie avant de reprendre le volant. 55 pesos ? Pourquoi 55 pesos ?
Gilles lui a-t-il donné un si gros pourboire en plus du 10 que je lui avais passé ?

Recule... regarde le préposé et on lui montre le prix affiché à la pompe ainsi que les 55 pesos...
- Oh, désolé, j'ai mal lu ! Je pensais que c'était 645 pesos.

Hum... il doit y avoir quelque chose dans l'eau de Puerto Vallarta qui rende les vendeurs aussi distraits !

15 mars 2012

Comment c'est arrivé

À Cécile (qui demandait ici), et aux autres qui ont raté un ou des épisodes du début...

Eh, oui, notre projet initial était un voyage d'un an; partant de l'est et passant à l'ouest à Panama, puis retour vers le nord par la côte Ouest; en finissant par traverser le Canada de Vancouver à Montréal.

Faut dire que la première idée -elle nous travaillait depuis longtemps- était de partir en voilier. Alors, on avait suivi des cours, on avait fait des stages, on avait obtenu notre brevet. Mais on savait qu'on n'était pas prêts, qu'on avait besoin de beaucoup plus de pratique avant de nous aventurer sur les mers, tout seuls... Et la pratique, au Québec, elle s'acquiert au maximum trois mois par an.
On avait peur que ça prenne trop de temps; qu'on commence à être vieux, à avoir peur de tout comme de vrais vieux. On avait peur que les fils nous fassent des enfants pendant ce temps-là, et qu'on prenne ça comme prétexte pour ne plus rien faire.
On devient vite vieux, si on n'y prend pas garde !

On a changé nos plans.

On a vendu la maison de Montréal pour financer l'achat du camper et le voyage; mis nos meubles en garde-meubles.  On avait même droit à un an et demi, si on voulait rester dans les règles des droits à l'assurance maladie. Donc, rien de pressé, on n'était pas à la bourre.

Tout était prévu pour continuer à travailler à distance : antenne satellite portable pour Internet et téléphonie IP.

On a commencé tôt à bouleverser nos plans, puisque l'est était balayé par un ouragan à notre arrivée au Mexique. Direction le Pacifique. Durango, puis Mazatlan.
Pas un instant, il ne nous est venu à l'idée que ce voyage n'aurait pas de retour.

C'est un concours de circonstances, rien d'autre :
À la recherche de Playa Amor (mentionné dans le Guide du Routard ou un autre), on s'est perdus à San Blas. Le camping qu'on y a trouvé sentait l'arnaque et l'Américain désespéré en mal de clients. On a fait demi-tour aussitôt, et on a fini par trouver -il faisait déjà nuit- celui de Playa Amor, avec Lili, Piolin, Albertito, la Playa los Cocos...
C'était l'été, il n'y avait pas un chat, pas un client. 

Qui sait ? Si le camping de San Blas nous avait plu pour une nuit, on en serait repartis le lendemain pour Melaque, sans jamais nous « prendre les pieds » ici; et on aurait continué notre voyage.

Mais voilà. Playa los Cocos a quelque chose...
Quelque chose qui a fait que chaque fois qu'on se décidait à partir, on revenait après avoir visité Tepic ou Playa Tortuga. Jusqu'au jour où, inconsciemment, on a commencé à dire qu'on « rentrait à la maison‏ ».
Quelque chose aussi, bien sûr, chez ce couple improbable du bandit Piolin et de sa si belle Lili, de leur bébé d'alors, qu'on ne pouvait qu'aimer pour toujours.

Gabrielle, une de nos voisines, est arrivée ici il y a plus de deux ans, pour un séjour de six mois. Elle avait un livre à traduire de l'espagnol à l'allemand (ou l'inverse) et se disait que le séjour en immersion était idéal pour ce genre de projet. Elle s'est loué un petit appartement, puis a ramassé un chien perdu sur la plage, puis un deuxième. Et elle n'est pas repartie.

Beaucoup d'Américains, ici, on parcouru le Mexique dans tous les sens et affirment que c'est ici et nulle part ailleurs qu'ils veulent vivre.

Alors, voilà. Après quatre mois, on savait qu'on ne repartirait plus. On a acheté le terrain, construit la maison.  On est retournés à Montréal pour vider le garde-meubles.
On a gardé les clients, une adresse, les amis, les fils et même les rapports d'impôts. On a même de nouveaux amis montréalais sans y avoir mis les pieds !

Tant que la saison des pluies mexicaine gardera plus de charme que l'hiver québécois, on restera.

Et puis Lili, Piolin et Albertito, exilés à Mazatlan depuis trois ans pour une sombre histoire dont on n'a pas tout compris, sont revenus le mois dernier. Lili attend un autre enfant pour avril.

14 mars 2012

C'est fini

Il sont repartis, mes fils.

Antonin est reparti dimanche; Jérôme doit être encore en train de faire la file à l'Immigration parce que sa #@¡ de carte d'immigrant-reçu est  -comme la mienne- expirée (merci le p'tit Coderre).

Ta bouteille de tequila me paraissait bien «lousse» dans ta valise, Jérôme ! J'espère qu'elle est arrivée entière... Sinon, il te restera à sucer tes chaussettes.

Il me reste un frigo plein à ras-bord (j'ai perdu la mesure), quelques kilos de serviettes de bain et de draps à laver. Ça m'occupera. Des jouets de piscine stupides que j'espère Carmen appréciera; trois chaises longues qui ont trouvé leur utilité le temps de démontrer que la corrosion les avait définitivement démolies, et deux neuves achetées aujourd'hui au retour de Puerto-Vallarta.

Vivement l'an prochain.

10 mars 2012

On aurait dit...

On aurait dit des enfants à la messe. Assis raides sur leurs chaises Corona, se tortillant vaguement en attendant que ça passe...

Tous les ados d'Aticama sont venus voir Archibald Singleton.
Mais ils sont venus par petits groupes, silencieux et gênés. Ils se sont assis loin-loin, ils ont regardé les trois ou quatre jeunes branchés danser dans un coin près de la « scène », puis sont repartis. Un autre groupe les a remplacés. D'autres, encore, n'osant pas même entrer dans la cour du centre culturel, restaient au bord de la porte.
Quelques gringos se sont pointé le nez, et sont repartis aussi vite.
Deux heures comme ça.



« Il aurait fallu des stroboscopes » répétait Gilles, qui avait mis les pieds pour la dernière fois dans un lieu dansant au début des années 80... Jérôme jouait, imperturbable.

Le gars qui louait le matériel de son (4 baffles et une table de mixage minimaliste) prenait des notes, assis à côté de Jérôme. Il baissait subrepticement le bouton des basses chaque fois qu'il le pouvait (faut prendre soin de son matériel, et surtout pas lui en demander trop !)
Une nouvelle carrière s'ouvre à lui, sûrement.

À 10 heures pile, au moment où s'achevait le dernier morceau, arrive un camion, la benne pleine de fêtards gringos et mexicains.

- Cinq petites minutes de pluuuus ! Pleaaaase !

Et c'était reparti pour une heure ! La quinzaine qu'ils étaient ont dansé comme des fous, et avec grand plaisir.
Cela n'a toutefois jamais décidé nos ados gênés à se lever et bouger.



À 10h45, les employés municipaux repliaient déjà les chaises.