31 juil. 2011

Drôle d'histoire

Le décodeur télé a sauté depuis au moins deux mois, mais pas tout à fait.
J'appelle chez Shaw pour qu'ils m'aident à rétablir la connexion avec leur satellite... sans résultat.

Je passe alors une annonce dans la communauté gringo pour voir si quelqu'un pourrait me prêter son décodeur afin de vérifier que c'est bien ce dernier qui est pété.
Ce ne serait pas étonnant; ça ne ferait que le quatrième qui saute ici.
 (Entre temps,  le décodeur a vraiment mourru : même pas une petite loupiote qui s'allume.)

Plein de réponses : tous les Canadiens veulent nous aider à retrouver la télé canadienne !

Parmi eux, Darryl, de Calgary, qui est au Canada mais me permet d'aller chercher le sien à Miramar, tout près, pour tester.
Pas probant : rien, même avec l'aide, encore, des techniciens de Shaw.
Mais c'est un récepteur HD bien plus performant que le mien...

Je soupçonne alors (peut-être à tort) la lentille de la soucoupe.
Je rappelle donc Shaw pour faire remplacer le décodeur (par chance, ils pètent toujours dans l'année de garantie) et la lentille.
C'est compliqué : la grève de la Poste a fait que des milliers de gens n'ont pas payé leur facture, et les lignes sont encombrées. On me conseille de rappeler pendant la nuit. Pas trop dur, leur nuit commence deux heures avant la mienne.

Je tombe donc, il y a 3 semaines, sur un jeune homme charmant, qui prend ma commande d'un nouveau décodeur et cherche dans ses directives s'il peut aussi me remplacer la lentille gratuitement.  Tout excité, il m'apprend qu'il peut, et que c'est sa première fois pour un remplacement de lentille :-)

Comme Darryl, de Calgary, doit venir au Mexique dans peu de temps, et qu'il m'a offert de m'apporter ma commande, je donne son adresse. Le récepteur doit aller de Montréal à Calgary en 5 jours, et la lentille qui va de Calgary à Calgary prend une semaine, me dit-il. Bon.

Et Darryl reçoit bien le récepteur dans le délai prévu, mais de lentille, point, au bout de 2 semaines.

Je rappelle Montréal. Ah, ben oui, ça a été livré par Purolator, mais il n'y  avait personne.
Personne ? Dans un bureau ouvert 12 heures par jour ?

Livré où ?
Ben, à votre adresse à Montréal...
HEIN ?

On est mardi. Darryl part vendredi.
On me promet de tout faire pour que ce soit livré chez lui avant. Je lui écris ça.

Mais Darryl « le prend personnel ». Darryl est chef d'entreprise, un peu concurrent de Purolator. Darryl n'aime pas du tout que les fournisseurs fassent les cons. Il appelle. On lui dit qu'aucune commande n'est passée.

Alors Darryl écrit sur la page « ask our team » de Shaw pour raconter notre histoire.
Sheila (Business Support) lui répond :

Hi Darryl;

I already have a call into the warehouse. What address in Calgary do you want this delivered to?
The sooner I have the address the sooner I can get on it.

Darryl était au téléphone avec un conseiller qui lui affirmait qu'il était totalement impossible que ce soit livré avant vendredi; en même temps qu'il communiquait avec Sheila par courriel.

À peine avait-il raccroché que... Sheila, la même que sur l'icone, était dans son bureau avec la lentille dans les mains !
Deux minutes plus tard, il m'envoyait un courriel pour me confirmer la réception.
(Ça va me coûter un max de vieille tequila, cette histoire !)

J'ai cherché sur le site de Shaw la fameuse page « ask our team ». Elle n'existe pas dans la version francophone du site.
Ça valait quand même une bordée de remerciements à Sheila, alors je n'ai rien dit pour cet accroc à la loi sur les langues officielles, et j'ai envoyé mon message en anglais depuis la page anglaise.

Dans une semaine, on retrouve la télé !!!

23 juil. 2011

Les Gringos

Je sais, c'est facile.
Mais ils sont tellement typiques !

Prenons Ken, mon presque voisin. L'agent ReMax pour qui j'ai fait un site Web gratuit.

Ken, comme tous les gringos, s'est fait refaire un genou (une rotule, une hanche, un pied, des dents, des yeux... tous les gringos profitent des bas prix mexicans, et se sentent presque obligés de se faire soigner à pas cher des trucs qu'ils auraient négligés aux US.)

Ken, donc, n'arrive pas à conduire sur de longues distances parce que ça fait mal. On l'a donc pris avec nous pour aller à Puerto Vallarta.

Ken fait partie d'une bande de gringos qui veulent le bien des Mexicains. De la charité à l'américaine (et à la canadienne) : on utilise les fonds de fondations de gens qui s'arrangent pour ne pas payer d'impôts aux USA ou au Canada pour «éduquer» les pauvres. Ils soutiennent donc des étudiants du village pour qu'ils puissent poursuivre leurs études universitaires. C'est bien.
Mais Ken et ses amis ne parlent pas un mot d'espagnol.
Ken et ses amis pensent qu'aider un Mexicain, c'est surtout lui apprendre à parler anglais.

Ce n'est pas du tout intéressé. Non non non.

Ken et ses amis se sont mis en tête d'ouvrir un centre culturel à Aticama, où l'on enseignerait l'anglais.
Le projet va bon train, c'est pour dans un mois ou deux.
Une salle de cours, une salle pour les enfants, une bibliothèque avec des postes d'ordinateurs et Internet. C'est bien.

Bref, on emmène Ken chez son orthopédiste, puis chez Home Dépot pour s'informer sur les peintures pour sols de béton pour le Centre.

Ça m'a sciée : deux ans ici, des cours d'espagnol une fois par semaine, et... rien. Totalement incapable de poser une question au vendeur. Encore moins de comprendre les réponses.
Il m'utilise comme interprète sans la moindre vergogne, avec en tête cette antienne des anglos : « oui mais pour vous, les francophones, l'espagnol, c'est facile ». Sans jamais se demander comment « pour nous, l'anglais, c'est facile »... Ni comment « pour les Mexicains, l'anglais, c'est facile ».

Pancho est passé en finissant son travail, vers midi. Il avait chaud, il a sauté dans la piscine.
Son copain nous a regardés, lui et nous, comme des extraterrestres. Ça ne se fait pas, plonger dans les piscines de gringos !
(Bon, d'accord, ça ne se fait pas de plonger alors qu'on est plein de ciment... mais c'est une autre histoire ;-)

Puis Gilles lui a parlé du centre culturel. « Bwah ! C'est pas pour nous, ça. C'est pour les gringos. On ne pourra jamais aller là.» Gilles a insisté. Comme il s'est fait embarquer dans la décoration de la salle des enfants et sur l'identité du centre, il se sent impliqué.
Si si si ! C'est pour vous tous, de toute la Baie de Matanchen, ce centre culturel !

Hum. J'ai l'impression que les gringos ont fait une erreur en impliquant des francophones --pauvres et  hispanisants qui ont des amis mexicains-- dans leur histoire. On va leur foutre le bordel, je sens.

16 juil. 2011

Faut faire vite !

Isabelle m'a un peu inquiétée, avec son commentaire sur la pilule. Je suis allée voir dans Google (je ne devrais plus, je sais*)  et je trouve ceci  :

«Après une mise-bas, si la saison est encore favorable, la chatte retourne en chaleurs en général 1 mois - 1 mois 1/2 plus tard. Mais certaines chattes peuvent revenir en chaleurs seulement 15 jours après la mise-bas, même si elle allaite ses petits. Il convient donc d'être très vigilent. »

Je doute fort qu'on trouve des pilules pour chattes dans le coin. C'est pas vraiment un priorité, je crains. Je vais essayer avec les pharmacies en ligne.

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* Pourquoi je ne devrais plus utiliser Google ? Pour ça :

Racha Plus


Avez-vous remarqué le signe sur le dos de Numéro Deux ?
On dirait presque un logo.

15 juil. 2011

Éteindre son cœur...

Éteindre son cœur cinq minutes.
Cinq toutes petites minutes, oublier qu'on a une conscience.
Cinq toutes petites minute pour arracher la vie.

Racha, mon Petit Colonel, a accouché ce soir.
Quand le cinquième est sorti, je me suis décidée.

Je ne pourrai jamais donner cinq chatons ici; cinq chatons qui grandiraient, auraient à manger tous les jours, pendant les 15 prochaines années.
Les Mexicains n'aiment pas les chats.

Je ne veux pas non plus avoir huit chats.

Trois, je n'aurais rien fait. À quatre, je discutais encore. Cinq.

Alors j'ai éteint mon cœur.
J'ai fermé mes yeux, fermé mes oreilles aux piaillements. Fermé ma tête à ma conscience.
J'ai pris les trois les plus laids, et je les ai jetés dans l'Océan.


J'ai juste une petite envie de vomir. De me vomir, maintenant.

Pourtant, si je laisse parler ma raison, j'ai bien fait, je le sais.

Mille raisons.

La première, la plus laide, c'est que je me sens déjà coupable depuis 30 ans, depuis la mort d'Archibald.
Tant qu'à faire, autant que ce soit pour quelque chose dont je sois vraiment coupable.

Je viens de souper. Des côtes levées.
Je fais semblant, chaque soir, de ne pas voir le petit cochon, le petit veau, le poulet qui étaient vivants avant d'arriver dans mon assiette.
Quel mal pourrait-il y avoir à nourrir ce soir un poisson ou un pélican ?

Si j'arrive à les donner à des Mexicains, je trouverai, chaque année devant ma porte, un soir de saison des pluies, un sac de plastique avec deux chatons comme Cuca et Racha. Parce que les cliniques gratuites de stérilisation qu'on organise quatre fois par an, la plupart s'en fiche.

J'ai plus de couilles qu'eux.

Voilà.

Je vais vivre avec.
Je ne serai jamais capable de tuer un poulet, un lapin, un cochon pour me nourrir, et pourtant je continuerai à en manger, que d'autres auront tués pour moi.

Racha, mon Petit Colonel, le petit cœur qui dormait dans mes bras la nuit dernière pendant que je lui caressais son ventre douloureux, n'a même pas un an. Elle est toute petite, toute maigre, incapable de supporter l'anesthésie pour se faire stériliser, il y a quelques mois à peine.
Racha, dépassée par les événements, par ces choses qui lui sortaient du ventre sans arrêt; Racha dort, avec les deux petits roux que je lui ai laissés.

Je la regarde, là. Je la caresse, avec ses deux petites boules rousses piaillantes  et aveugles.
Si elle m'avait fait ça dans la nuit et que j'aurais découvert au matin ces petits machins pas gluants du tout, c'est sûr que j'aurais pas pu. Et qu'aucune de mes raisons raisonnables n'aurait tenu la route.

Voilà.  Moi je vais essayer de ne plus penser à ces cinq minutes. Endormir ma conscience. 
Ces cinq minutes ne pourront pas être effacées. On ne revient pas en arrière.

Dormez bien.

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Ajout :
Et merci pour vos commentaires. Vous me rassurez sur mon humanité.
Et merci du silence de ceux qui n'en sont peut-être pas persuadés..


11 juil. 2011

Alors voilà

Carte-mère foutue, garantie inapplicable.
Coût estimé de la réparation : 13 000 pesos (1070$ - 790  €)

Merci encore, Apple.

Mais comme je dois quand-même travailler, voilà :


Le moins cher. 17 000 pesos. 

Je me disais que, bon, si de toute manière les Macs ne doivent plus sortir de la pièce climatisée, à quoi bon un portable ? Que, bon, j'ai le petit Acer si je veux lire mes courriels au petit-déjeuner; et que s'il y a une panne de courant pendant que je suis sur le iMac, j'ai mon UPS à batterie qui me permet de sauver mon travail avant d'éteindre. Mais comme un malheur n'arrive jamais seul, le UPS est hors service. La batterie a lâché.
Demain, je verrai si je peux placer les 2 barrettes de mémoire du MacBookPro dans le iMac (ça me fera 8 gig); et je commencerai à chercher des cartes-mères sur eBay. J'en ai déjà vu une à 500 $.
 

7 juil. 2011

Le croiriez vous ?

Mon MacBook Pro est mort, à exactement un an moins 10 jours; tout comme le MacBook l'an dernier.
Direction le SAV à Guadalajara (600 km, tout de même !)  la semaine prochaine, mais j'ai peu d'espoir.

4 juil. 2011

Il pleut

Il pleut depuis des jours, avec si peu de répit. Tout est humide, les fauteuils,les meubles, les vêtements.
Le soleil est si rare qu'on n'a plus d'eau chaude.
Des champignons géants poussent dans le jardin.


Une petite mare devant la maison, où Zézette-Cuca est allée chasser la grenouille qu'elle m' apportée dans mon lit ce matin.














La Niña va nous faire souffrir, je sens !

Avec l'été reviennent les pannes électriques.
Et quant il y a une panne, les appareils électroniques refroidissent et souffrent de la condensation. On a perdu l'ampli et le décodeur télé, la semaine dernière.
On va finir pas se résoudre à installer une génératrice; ça commence à coûter trop cher, de vivre en acceptant les aléas de la température.

En attendant l'appareil remplaçant, on a branché le petit ordi Acer sur la télé, et on regarde la WebTélé. RTL, pour l'instant, Télévision Suisse Romande ce matin.
C'est rigolo.