31 juil. 2008

Tropique du Cancer

Alors donc, il fallait traverser l'Échine du Diable pour rejoindre la côte du Pacifique.

Pour reprendre le mot de Frédéric M. (qui a fait grand plaisir à Gilles), il faut être «un chef» pour faire ça ! Ça vous muscle le biceps, ce parcours !
Pas le temps de finir une courbe que, dans le virage, la suivante est déjà annoncée. Et ça dure, sans cesse, pendant 300 kilomètres. On monte vers les 2800 mètres pendant que la température descend jusqu'à 12 degrés. On se retrouve, alors, au milieu des nuages, avec le précipice tantôt à gauche, tantôt à droite, la ligne blanche de la route disparue, et on se colle sur les feux arrière (feux d'urgence clignottant dans le pire de la purée de pois) de l'autobus devant nous. On ne le lâche plus, lui! Il connaît sa route, et n'utilise pas une seule fois ses freins. Gilles non plus. C'est un chef :-)

On avait prévu de s'arrêter à mi-parcours, mais il a commencé à y prendre goût, à cette conduite zigzagante, Gilles, et puis, il pleuvait, là où on vait prévu de s'arrêter. Alors on a continué jusqu'à Mazatlán où on est arrivés vers 6 heures. Le camping prévu était fermé et remplacé par un Giga supermarché, l'autre était en réfection pour l'été. On a fini par trouver celui-ci, à l'abandon, où l'eau était coupée jusqu'à ce matin, où personne n'assure l'entretien sauf Chuck, un Américain qui en a fait son domaine depuis 4 ou 5 mois, domaine qu'il défend jalousement en dissuadant tous les nouveaux arrivants de s'arrêter. Et ça marche. Sauf qu'il est arrivé trop tard pour nous : on était installés.

Et on s'y sent bien, avec le bruit et la musique de la Zona Dorada qui nous parvient parmi les chants d'oiseaux et le cri-cri des criquets. LaFrite, qui n'appréciait pas trop les hôtels, a repris ses aises, et ses nuits torrides à l'affut des bestioles.
Un couple de Colombie-Britannique a, lui aussi, bravé Chuck et ses désirs de solitude. Nous sommes maintenant trois RV dans le camping.
Albert et Helen sont en route pour le Lac Chapala où ils comptent s'installer définitivement et y ouvrir un... camping! Une belle région où, pour eux, tout va bien : «tout le monde y parle anglais».
Du coup, le propriétaire s'est brusquement réveillé, a rétabli l'eau et est venu demander son dû... On un peu marchandé les 300 pesos (30$) qu'il réclamait par nuit!

Et puis, le Giga-supermarché-ex-RVpark est juste en face.
On se croirait dans un supermarché nord-américain normal; on trouve tout (enfin presque, j'ai envie d'une escalope de veau ou d'une tranche d'agneau...) : poisson frais, boeuf, porc, poulet, 25 marques de lait, autant de sortes de piments, du cactus coupé en dés, des « tomates vertes » qui ressemblent à des « cerises de terre », mais grosses et vertes, des tortillas de toutes les tailles et de toutes les farines, puis des télés, des vêtements, des pneus, des affiches comparant leurs prix à ceux de WalMart... sauf que, à la caisse, on se retrouve 20 ans plus tôt, question facture! Même choc à la station d'essence : 60 sous le litre de diesel (mais non, c'est pas pour faire des envieux qu'on dit ça :-)

Les premiers pas dans l'eau du Pacifique sont un peu chauds et décevants. L'air est lourd, humide, sans vent. L'eau est grise du sable qu'elle charrie, et un peu aussi de l'essence des motomarines. On s'en va demain. Ou après-demain (on commence à devenir un peu «mañana»...) voir plus au sud, vers San Blas, si la modernité et son cortège de pollution y est arrivée.

Les images en diaporama ici (64Mo) pour les connexions qui assurent, ou en page Web ici.

1 commentaire:

  1. bonjour,

        je me régale à parcourir, à l'occasion, la relation de vous péripéties trans-américaines. C'est un vrai plaisir, « aventures & humour », une bonne recette !

      Les blogs, c'est bien, mais il faut trouver à les alimenter, l'angoisse de la page blanche, tout ça, tout ça !

      Quoi qu'il en soit, continuez bien et à bientôt pour la lecture des prochaines étapes !

      jean b.
      jbourgeois@free.fr
      http://le.blog.de.jean.b.over-blog.net/

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