6 août 2008

Playa Amor



«Cet homme vivant en Afrique, à l'air libre, au contact de peuplades primitives, déployait une ardeur dévastatrice presque sauvage. [...] Ses geste et sa voix étaient impérieux. Kim ne chercha pas à se soustraire à ce comportement dominateur. Les larmes coulèrent sur ses joues tandis qu'elle attendait sans bouger le baiser de Rock.»

Un nouveau camping désert, au milieu de nulle part,



sur la mal nommée Playa Amor qui n'a plus de playa que le nom (et d'amor.... attendons ce soir :-), playa bouffée entièrement par l'érosion, ainsi qu'une partie du domaine que nous occupons, ses ballustrades effondrées sur la grève, et battues par les vagues rageuses. Le camping dispose d'une bibliothèque fort bien fournie, mais à l'air libre, pleine donc, de livres – majoritairement en anglais – rongés par les intempéries, et puis, tout au fond, presque préservée, cette demi-douzaine de romans Harlequin dont je vous livrais une citation évocatrice. Monique, leur ex-propriétaire, a dû se pâmer...



Un veau en fuite s'était était perdu, ce matin, en bas sur la grève, dans les débris du muret . Un gamin d'à peine 9 ans est arrivé à cheval, l'a attrapé au lasso et ramené, bien contre le gré de la pauvre bête, au bercail.



Nous voici donc entre mer et montagne, sur un terrain vaste et délabré, qui a dû connaître des jours meilleurs du temps où il y avait une plage. J'avais trouvé une connexion wi-fi en arrivant, mais elle a disparu avec l'électricité. Et personne n'a dû penser à rallumer le modem après la panne... J'ai installé mon antenne. Sans trop de problèmes autres que mon incapacté à lire une boussole, et ma manie de me placer exactement derrière un arbre. Après l'avoir déplacée au bord de la falaise, où rien ne peut troubler ses ondes, j'ai pu alors me trouver un azimuth sans me poser de questions. Certains naviguent à l'estime, moi, j'y vais à l'estime pour naviguer sur le Web !

On a roulé un petit 400 km pour arriver à San Blas, un village qui a dû être tranquille et pittoresque avant qu'il soit mentionné dans le Lonely Planet et sans doute aussi dans le Guide du Routard. C'est devenu, aujourd'hui, une foire où les prix ont grimpé et où les seuls contacts possibles sont mercantiles. On a roulé, encore, sur des routes en lacets, puis dans des rues que Montréal n'aurait pas dénigrées, où les nids de poules succèdent aux «topes », ces dos d'âne omniprésents, destinés à calmer le sang chaud des conducteurs mexicains.

On cherchait, quand-même, le camping que le L.P. indiquait, «à 15 minutes au sud-ouest ».

On en trouve un dans le village. Loin de la mer, vide lui aussi. Bof... Puis un autre plus loin sur la route, jumelé à un hôtel, près d'une plage envahie de palapas-restaurants où les hamacs se louent 5$ la nuit. Ça nous paraissait sordide, et on est repartis vers l'inespérée Playa Amor, qui existe vraiment (c'est bien la première fois qu'on trouve un camping indiqué dans un guide). Je vous donne ses coordonnées, au cas où : N 21.28, W 105.11.

À l'ouest (ben oui... quand je pense que j'ai dû réfléchir avant d'écrire ça !), un coucher de soleil nous attendait.



À l'est, un ciel menaçant dans les montagnes.
On a ramassé la pluie, une grosse (c'est pour rassurer nos Montréalais humides), puis on a terminé la soirée sur le perron, à regarder les vagues et les lucioles sous des éclairs hallucinants de clarté en sirotant un petit rhum cubain.

Au matin, on a dégusté les petits pains qu'un marchand était venu nous proposer la veille à notre arrivée. J'espérais qu'un autre vienne nous offrir des sandwiches à midi, mais rien... Peut-être quelqu'un viendra-t-il nous offrir un poisson ou un poulet grillé ce soir ? Sinon, il nous reste de ces délicieuses crevettes à l'ail qu'on avait préparées l'autre soir.




À Jean-Pierre (ou à Pen Duick ?) qui s'inquiétait des monarques, il sont ici, pas de crainte pour eux. Des monarques, puis des grands monarques, puis des papillons tout orange, et d'autres d'un joli jaune citron. Ce matin, ils m'entouraient par dizaines.




Allez, santé !

2 commentaires:

  1. Des locaux! On veut des locaux (pas des locos); on veut voir la bouille des vrais autentiques mexicains (et mexicaines) garantis d’origine!

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  2. D'abord Pen Duick, c'est Pen Duick! Je ne me fais aider par personne, non mais.
    Pen en breton, ça veut dire "tête", partant de cette simple constatation physique (et elle est grosse), il est évident que je n'ai eu aucun mal à maîtriser le MacMini. Je vous envoie d'ailleurs mes commentaires en CatiMini (caca de mimi) la nuit pendant que eux, ils dorment.
    Ils ont vu la photo du monarque et ils capotent, pas la queue d'un ici. Faut dire qu'avec les hallebardes qui nous tombent dessus, ils auraient du mal à s'en retourner au Mexique.
    Miamm! J'espère que vous allez nous ramener la recette des crevettes à l'ail.

    Pen Duick, j'ai bien dit Pen Duick, non mais !

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