J'écris peu, je sais.
Noyée dans un boulot aussi inattendu qu'urgent, je ne vois plus personne, ne fais plus rien de racontable; et si j'ouvre ma machine le soir, c'est pour jouer au Yahtze ou lire le dernier de mes Maupassant.
Et puis, je ne peux plus vous parler de mes voisins comme je voudrais, ils lisent tous le blogue :-)
D'ailleurs, John a décidé d'apprendre le français, afin de, comme il dit, « comprendre tout ce que nous disons dans son dos».
Quand même, dimanche, Gilles voulait aller voir à San Blas si Monsieur Salvador lui avait trouvé des cigarillos, nous évitant ainsi d'aller à Tepic pour son réapprovisionnement.
Salvador n'avait que (que !) des cigares du coin. Et à part trouver de la farine pour mon pain, il n'y avait rien d'autre à faire là un dimanche. Le marché était fermé, la Poste aussi.
Gilles avait faim. On a essayé de s'installer au fameux Mac Donald's du coin (un type qui s'appelle Mc Donald, et qui a ouvert un resto dont tous les guides touristiques parlent), mais au bout de 10 minutes d'attente dans une salle déserte, on s'est dit que c'était ouvert, mais fermé. Ou un truc du genre.
On s'est donc retrouvés, pour la deuxième fois, au San Blas Social Club, le bar des gringos.
Si, la veille de Noël, on pouvait encore penser que les épaves qui y traînaient éclusaient leur dépit d'être seuls en ces temps de réjouissances familliales; celles qu'on y a trouvés dimanche semblaient bien ancrées là depuis dix ans.
Plus paumés que ça, c'est dans les brasseries de la rue Ontario, bien à l'est, qu'on trouve.
Deux ex-blonds rougeauds à la calvitie désolante, sans âge, un gros, un maigre, la langue pâteuse, explquenet au jeune serveur mexicain blasé coment leur faire leur cocktail préféré.
Ils jettent sans cesse un oeil sur nous, cherchant le courage de se détacher du bar pour venir élargir l'audtoire du récit de leurs déboires...
Arrive un vieux Trooper '90 déglingué qui stationne douloureusement. En sort un conducteur encore plus déglingué.
Il commence à sortir de son coffre une scie circulaire, qu'il apporte dans le bar, l'y branche et la fait fonctionner. Puis une foreuse. Puis une autre...
Fort nerveux, gesticulant, aussi blond passé que ses interlocuteurs, il sort ainsi une douzaine d'outils dont il montre à chacun le bon fonctionnement. Il n'a pas trouvé de client, même parmi les autres épaves.
On en a vu, des types en manque, dans notre vie... Celui ci ne dépare pas.
En sortant, en allant rechercher la moto, on l'a vu, à côté de son capot où tous ses outils étaient étalés.
La prochaine fois qu'on cherchera un truc volé, on saura où aller.
En revenant vers Aticama, on a démoli la suspension avant de la moto. Elle est au garage à Tepic. On roule à vélo :-)
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Il y a 3 mois
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