30 août 2009

Je passe la main

Plus rien ne me semble neuf, ou méritant d'être rapporté ici.
Parfois, je m'éveille la nuit avec un texte tout prêt à vous livrer. Il a, bien sûr, disparu de ma cervelle au matin. Il ne me reste que le sentiment un peu coupable de vous laisser tomber.

Gilles, lui, se sent la veine du conteur. J'épure un peu les copies de ses messages de ce qu'il y met de personnel, et je vous les livre, comme ça vous aurez des nouvelles malgré ma paresse :

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On est allés à Tepic hier avec Roberto et son vieux camion qui est confortable comme une vieille boîte à beurre. Partis à 7.30h du matin pour revenir sous une pluie diluvienne à 8h du soir.

La route de Los Cocos était inondée comme un lac, fallait passer à travers jusqu'à la maison, où nous attendait notre brave Teo. On sort le stock du camion sous des tonnes d'eau, j'avais acheté du bois pour faire un bout de comptoir dans la cuisine, il était trempé comme une éponge. Ça devrait sécher assez vite aujourd'hui avec le gros soleil.

Une journée à Tépic dont une moitié pour faire notre demande de visa de résidence. On nous a toujours dit que c'était très très compliqué de faire cette demande, qu'on exigeait un paquet de trucs dont une preuve de rente (qu'on a pas parce qu'on travaille toujours et qu'on est pas rentier), des certificats de ci et de ça, trois copies de chaque, mais quand on les apporte, il en faut brusquement quatre... ça n'arrête pas, name it. Il faut se présenter au moins à quatre ou cinq rendez-vous avant de penser obtenir ce papier précieux qui nous évitera à l'avenir de faire un voyage aux douanes américaines tous les six mois.

Roberto était passé la veille et on lui raconte qu'en décembre, on doit absolument faire un voyage aller-retour de 3000 kilomètres jusqu'au Texas afin de renouveler nos visas de touristes de six mois.

Là, il allume et me dit qu'il a un bon ami fonctionnaire qui travaille justement au bureau des visas de résidence et qu'il pourrait nous arranger ça assez vite moyennant un petit quelque chose!

T'es sûr que c'est légal? lui dis-je.

«Bah facile», qu'il me dit.

Il prend son cellulaire et parle directement avec le gars.

«No problema», il nous attend demain matin avec tous vos papiers, certificats de naissance, de mariage, copies de passeports, copies de relevés bancaires et titres de la propriétés.

On se met à l'ouvrage pour rassembler toute cette paperasse et hier matin, avec Roberto, on rencontre notre bonhomme qui nous reçoit à bras ouverts. Un petit deux heures de réunion où tout le monde jasait de tout et de rien, pendant que notre gars préparait avec soin, toutes les formules officielles. Voilà, facile, et le tour est joué, la demande de FM3 est terminée. Avant de sortir, notre sympathique fonctionnaire nous fait rire en tentant de nous vendre un terrain pas loin de San Blas. Trois hectares d'arbres fruitiers.
Un tour à la banque pour payer les 150$ par visa (pas con le Ministère, il s'arrange pour qu'aucun argent ne passe dans les mains des fontionnaires :), un tour pour faire les photos réglementaires, retour au bureau des visas avec les preuves de paiement et la promesse de recevoir les photos le lendemain matin; on remercie chaleureusement notre ami ripou. That's it, that's all!

On est sortis du bureau vers midi, heureux, soulagés et un peu étourdis par la vitesse du processus. Plus besoin de se taper 3000 kilomètres pour renouveler nos visas, yes!

Après, on est allés bouffer dans un restaurant «all you can eat» choisi par Roberto. On lui a vonlontiers payé le lunch pour le service rendu. Il s'est reservi trois fois avant de prendre son dessert.

On a fini de manger et après on est allés voir les entrepôts de bois.
On n'a toujours pas de portes intérieures et les draps tendus dans les embrasures des portes de toilettes, ça va tant qu'on n'a pas de visite !
Faut oublier les Home Dépôt ou les Rona l'entrepôt, ici; il faut aller directement dans les cours à bois et discuter avec les gars du modèle que tu recherches et improviser les solutions sur place. Trois heures de calculs et beaucoup de sueur, on a repris la route pour la maison.

Il fait très chaud, le sable de la plage a disparu comme à chaque premier quartier de lune, il devrait revenir dans une semaine. Les vagues sont immenses et se fracassent sur le mur de mer, va falloir que Teo attende pour aller se baigner.

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Ce n'est que de l'eau...

Il est 12h45, le ciel est couvert et tout est étrangement calme, pas de vent, l'horizon est caché par un épais rideau de brume. La mer ressemble à un lac, ça fait drôle de ne pas entendre les vagues. Est-ce le calme avant la tempête? J'ai le sentiment qu'on va voir arriver un gros changement dans les prochaines 24 heures. On dit que l'ouragan Jimena est à 450 kilomètres des côtes mexicaines, heureusement. On va évidemment recevoir une très grosse pluie demain accompagnée de bons vents mais pas plus. Sur la carte satellite, on voit deux formations d'ouragans qui sont entrain de fusionner. Aux dernières nouvelles, Jimena est passé à la catégorie 4, on parle de vents de plus de 215 kilomètres/heure, ça te décoiffe un toupet ça mon ami.

En 2002, Kenna a frappé de plein fouet la côte du Nayarit, plus précisément San Blas et Los Cocos. C'était le premier en 60 ans et sa trajectoire ressemblait à celles de Jimena, c'est à dire loin des côtes et allant droit vers la Baja California quand soudainement il a changé de cap et s'est dirigé droit sur les côtes de la région... Mon voisin John me racontait qu'au matin, il voyait les vagues devenir de plus en plus plus hautes jusqu'à ce qu'il commence à se dire que c'était le temps de prendre ses jambes à son cou au plus sacrant et se réfugier dans les montagnes jusqu'à Tépic. L'ouragan est passé à la catégorie 5 quand il a atteint les côtes et a soufflé d'une façon démentielle pendant toute la nuit, détruisant la plupart des malecons et changeant même la géographie des plages. On nomme Playa Los Cocos précisément parce que les plages étaient couvertes de palmiers mais après le passage de Kenna, il ne reste plus rien de ce passé.

Des gens du village me racontaient également que vers la fin de la journée, ils ont vu un mur se former au loin sur la mer. Le temps de s'éloigner de la plage et de se réfugier dans les montagnes, une vague devenue monstrueuse de plus de 10 mètres, s'est fracassée sur le village en emportant avec elle des tonnes de débris.

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