Mes références ont disparu pour faire place à d'autres. J'ai l'impression que le temps est suspendu, que tout est immobile mais ce n'est pas tout à fait juste car, la nature change subtilement. Des fleurs apparaissent là où il n'y avait pas, la lumière du matin n'est plus la même, le temps est plus frais et plus sec, le ciel différent. C'est l'automne tropical qui commence. Une autre saison, an other day, an other dime.
L'oiseau des neiges
Bientôt, reviendront les oies, les canards et les snowbirds sauvages.
Cette espèce est fascinante à observer. L'oiseau des neiges voyage habituellement en groupe, à bord de gros véhicules tirant la plupart du temps un autre gros véhicule. Au matin, le mâle est toujours très actif, dynamique et de très bonne humeur. C'est le temps propice pour entendre son chant mélodieux. Après un copieux déjeuner, il se préparera à nettoyer sa zone d'habitation : lavage du premier véhicule et de l'appendice. Sachant que l'eau est une denrée rare dans les contrées éloignées, il ne se gênera pas pour utiliser celle-ci à outrance. Un signe qu'il a déjà fait ses repères et qu'il a adopté son nouveau territoire, il se sent comme à la maison. Étrangement, on observe une anomalie comportementale importante lorsqu'il est en migration. Lui, qui en temps normal ne fait rien des travaux ménagers, se transformera en véritable machine à laver, un Monsieur Propre doté de pouvoirs spéciaux : nettoyer, astiquer, briquer, cirer, encaustiquer, fourbir, lustrer, polir, récurer les tapis, les chaises, les tables, les vélos et autres gadgets facilitant sa vie moderne, rien ne lui échappe. L'instinct de survie du snowbird est excessivement puissant car ayant désinfecté sa zone d'habitation et éliminé toute bactérie étrangère, il assurera une fois de plus la survie de son couple. Suivront le dîner, une pause et un re-nettoyage, jusqu'à deux heures. Une période de la journée est toujours réservée à l'exploration du territoire étranger à bord du véhicule secondaire. À cinq heures, ils se réunissent par groupe homogène et se racontent mutuellement leurs exploits de la journée. De grands voyageurs. Retour à leur nid après avoir passablement consommé des liquides illicites, ils se préparent à nouveau à manger. Re-nettoyage. Vers huit heures, l'oiseau et sa fiancée s'enferment à l'intérieur de leur maison à roues pour ainsi se réveiller le lendemain matin à l'aube et recommencer son éternel rituel.
Roberto est de retour
On s'était pourtant jurés de ne plus l'engager mais que voulez-vous... Après nous avoir donné un sérieux coup de pouce pour l'obtention de nos visas de séjour, il était de mise qu'on allait lui donner priorité pour le prochain chantier à terminer sur la casa. La saison d'été tire sur sa fin et prendre sa douche à l'eau froide devenait de plus en plus téméraire, surtout le matin. On s'est décidés de faire installer un système à énergie solaire pour l'eau chaude. On pensait que c'était hyper simple d'installation... et on a demandé à Roberto de nous faire ça. «Facile!», mon œil. Premièrement, on ne savait pas qu'il fallait surélever le réservoir d'eau qui est sur le toit afin de créer une gravité suffisante pour bien faire circuler l'eau dans le système solaire. «Necessita una construccion de cimento sobre el techo». Fuck, on peut pas faire ça en bois ou en métal ??? Non monsieur, ici le ciment est roi et qui dit ciment, dit poussière, gravat, et tout le tralala. Trois jours de travail pour une tourelle de 1,50 mètre de haut. Ça demande autant de travail que la construction de la maison. Roberto est un bon gars mais il a le talent de nous taper sur les nerfs par ses explications qui ne réfèrent pas à la réalité. J'ai demandé de nettoyer le chantier à la fin de chaque journée, de respecter notre intimité, de ne pas chanter, etc. Tu penses! Ce matin, on s'est fait réveiller par des coups de marteau piqueur et par les croassements d'Isaï. Bon, plus qu'une journée à endurer pour profiter du bonheur d'avoir une douche chaude. On va faire avec.
Téo el Loco
Décidément, Téo est un chien qui aime se baigner, «el loco del mar» Depuis quelques jours, on voit les plages se reformer. Notre mongol nous met de la pression pour aller gambader et se foutre à l'eau le plus souvent possible. Il est vraiment débile quand on descend sur la plage, il fonce à toute vitesse dans les vagues et pense attraper les pélicans. Hier, j'étais dans l'eau quand, je vois ce con courir et nager vers moi avec vigueur sauf que là où j'étais, les vagues étaient pas mal fortes. Il a réussi à me joindre mais c'était pas facile à gérer. Il est quand même très fort dans le gros bouillon de vague. À un moment donné, il s'en est tapé une qui l'a envoyé au fond, je pense même qu'il a fait quelques tonneaux. Il est remonté aussitôt à la surface et tenté s'agripper à moi parce que je lui sers de rocher. Aucun dommage. Je suis surpris de sa confiance dans la mer, il m'impressionne à chaque fois.
Salut au "Maître" de Téo,
RépondreSupprimerMon copain Téo n'a rien de "capoté". Mon ancêtre qui n'était pas de ma race (Berger de Beauce) n'hésitait pas à plonger SOUS les vagues de Martinique pour aller secourir cet Ost.. de fou qui faisait du Body surf.
Y sautait du pont du bateau ? Vlan, elle lui arrivait direct dans le dos. Bluuub !
Personne ne se baignait sur la plage ?, "Elle" décidait de se prendre une grosse trempête personnelle en commençant par explorer les abords de la plage la tête... sous l'eau.
T'as tout à fait raison Téo, profites-en de cette mer si accueillante puisque tu en as envie...Moi tu le sais, l'eau je déteste, mais je tenais à redresser ton profil de mongol ou de débile. Eux aussi sont débiles (j'ai vu ça dans le titre de leur blog). Débiles ? Des "Bills" il en tombe ici chaque jour...
Salut Téo, bon bain !
PEN DUICK