24 févr. 2010

La fée des dents

Les fées des dents de la vraie vie sont à l'envers : on leur donne des sous et elles nous donnent (ou prennent) les dents !

Il y a quelques mois, Gilles s'était cassé un coin d'incisive-postiche. Nos voisins nous avaient envoyé voir leur dentiste de Tepic, qui avait fait un beau travail sur les incisives; puis un truc mal foutu sur une molaire, privilégiant l'esthétique plutôt que la santé.
Ce qui devait arriver arriva, et la dent --toujours sensible-- a commencé à faire tellement mal qu'un retour à Tepic causait un trop long délai.

On avait admiré, quelques jours avant à San Blas, l'adresse manuelle d'un peintre d'enseignes caligraphiant «consultorio dental» à côté de la boulangerie. On plonge ? On plonge !
Adieu le chic cabinet de Tepic, ses toilettes de marbre et la secrétaire-à-broches; on se mexicanise et on fait comme tout le monde !

Et nous voilà rendus chez Feliciano, assis sur le pas de sa porte.
On entre en expliquant le problème.
Neuf mètres carrés, pas plus. Du matériel neuf, mais un local... mexicain : une seule prise électrique (sans mise à la terre), un ventilateur au plafond qu'on semble avoir déplacé un peu vers le centre (les traces sur le mur adjacent indiquent qu'il avait été posé un peu trop près :); deux ampoules qui pendouillent.

Et puis, Feliciano se met à l'ouvrage. Retire la très chère incrustation de céramique de la molaire. « Elle sent le plastique brûlé, ta céramique ! ».
On avait vraiment payé pour la salle de bains de marbre de Tepic !

Traitement de canal (dévitalisation des trois nerfs), placement d'un pivot pour une couronne à venir samedi prochain. Le tout, opéré avec des mains qui semblent n'avoir fait que ça toute leur vie, mais avec des moyens disons... précaires.
Il faut débrancher la fraise et la lampe pour pouvoir faire une radio; des serviettes de restaurant remplacent les bavettes, pas d'assistante, pas de rinçage pendant les soins (bonjour les abdos ! faut faire des relèvements assis pour se rincer la bouche soi-même), et désinfection à l'eau de javel.

Pendant le traitement de Gilles, Feliciano bavarde avec moi, ou chante. Parle des riches dentistes de Tepic, qu'il connaît bien; il a étudié avec eux, et l'un d'eux enseigne à son fils en dentisterie.

Le croirez-vous ? Je me sens bien plus à l'aise dans cet environnement que dans le marbre.

J'ai donc embarqué sur la chaise après Gilles.
Contrairement à ce que m'ont affirmé les dentistes de Montréal et de Tepic qui voulaient me vendre de la greffe d'os et des implants, il semble qu'il n'y ait aucun problème à remplacer mon bridge cassé. Samedi, trois pivots. La semaine prochaine, je sourirai franchement pour la première fois depuis 3 ans. Enfin, si je sais encore comment faire.

Et pas cher, évidemment.

Ajout :
Je publie ce message, et... Google l'a déjà lu !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Vos commentaires seront modérés.
Ils peuvent être anonymes, mais signez-les, quand même :-)