On a passé le Rio Grande ce midi. Enfin, entre ce midi et 15 heures...

Les Américains n'aiment pas les étrangers. Ils les considèrent tous comme des terroristes ou des candidats à la clandestinité.
Alors, ils les déshumanisent. Ils les parquent (les Mexicains, surtout, et moi comme eux) dans une pièce dont le mur est couvert de guichets derrière lesquels aucun agent n'est présent. Et nous, les Mexicains, on fait la queue, debout, sans espoir que jamais on n'appelle qui que ce soit.
De temps en temps, un douanier emmène avec force un gars ramassé dehors et l'interne on ne sait où. Tous ceux qui sont entrés ne sont jamais ressortis.
Et on attend.
Parfois, deux douaniers discutent ensemble derrière leurs guichets, puis disparaissent dans une pièce éloignée.
Parfois, on appelle quelqu'un au guichet.
Certains passent, d'autres sont emmenés derrière et ne reviennent pas.
Tout cela, dans le plus profond mépris.
Pendant ce temps, Gilles (les Canadiens ne sont pas aussi pestiférés que les autres) observe (et dessine) les douaniers qui interceptent, inspectent, fouillent les voitures, lâchent les chiens...



Quand on s'est retrouvés après trois heures, le mot nazi nous est venu à tous deux à l'esprit.
En tout cas, il n'aurait pas fallu que j'aie un gun dans les mains cette après-midi.
Ils nous haïssent et nous méprisent; et je le leur rends bien.
On va faire ça vite, la traversée de ce pays !!!
Sur la route de San Antonio, un spécial Jean-Luc :

Au moins, ça nous aura fait sourire.
passez vite votre chemin,
RépondreSupprimerle seul truc positif c'est que j'ai vu les chouettes
croquis de Gilles. Il faudrait qu'il en fasse un carnet
un jour avec tes textes, toujours tellement bien écrits-amitiés
Anne-Catherine