La lune me regarde par la fenêtre, d'un trou dans les nuages.
Je ne dors pas, les nuits commencent à être chaudes et je n'ai pas encore l'habitude.
Gilles m'avait rapporté l'été dernier, sur le conseil d'une libraire, presque toute la production écrite d'une écrivaine pour dames*.
J'en ai essayé un, sans parvenir à la page 50. Puis un autre, pas mieux. Un troisième m'a achevée. Et je n'avais rien d'autre à lire.
Une auteure-féministe-américaine dans toute sa splendeur, une dame qui vit à l'université et qui semble ne jamais faire ses courses, qui planche sur ses malheurs avec les méchants hommes…
Comment Gilles avait-t-il pu croire un instant que ces romans pour dames « engagées » auraient eu une chance de me plaire ?
Mais La Mort, entre autres, de Philippe Kerr, tout de même !
De ce qu'André et Line avaient apporté, presque rien à mon goût : trop noir. Tout pour Gilles !
51 pauvres pages avant que Expiation de Ian McEwan me tombe des mains...
Puis Jérôme est venu, la valise pleine. Les choix de Marie-Laure, pour l'essentiel. Et Antonin qui avait fait mes courses.
Mais je n'arrivais pas à décider où trouver mon plaisir parmi tous ces titres inconnus.
Alors j'ai lu Marc Lévy. Vite vite (comment faire autrement ?) Puis relu un Gavalda, qu'une marine-pêcheuse brittano-colombienne m'avait passé en version bilingue, mis en page par un plombier serbo-croate; laissant tous les traits d'union de fin de ligne de la version originale disséminés en milieu de page. (Elna m'apporte aussi les films en français, achetés au pirate du coin; dont on ne sait jamais d'avance si on trouvera la version dans la langue de son choix avec des sous-titres en russe.)
Levy, Gavalda... C'est confortable comme un macdo une fois par an, comme un chocolat chaud en hiver, comme une bleuette de fin de soirée à la télé.
Me voilà donc réhabituée à avaler les pages.
La Croisade de Carmody (qui finit en eau de boudin), de John Tittensor, puis;
444 pages des 660 de les Yeux dans les arbres, Barbara Kingslover. J'aurais peut-être dû lire les Autres essais avant ?
Ensuite, moins de 50 pages du Dernier des fous, de Tomy Findley. J'ai lu la fin avant le milieu.
Dans ma méthode de classement des livres que j'aime**, ce n'est pas franchement un mauvais score.
J'y reviendrai sans doute.
Mon préféré jusqu'à présent : La famille Lament, George Hagen. Une fin un peu précipitée, peut-être, mais ce n'est pas toujours pour me déplaire, cette impression que l'auteur en avait marre de ses personnages et qu'il boucle le tout en vitesse ?
Et me voilà dans Lucia Etxebarria et sa Beatriz et les corps célestes. Je n'arrive pas à comprendre ce qui me plaît dans cette histoire de gouines espagnoles... L'écriture, sans doute; comme toute la littérature hispanique ou hispano-américaine, qui me ravit toujours. Cette manière de faire couler les mots sans que le sens ou l'histoire soient vraiment importantes ? Cette façon de fasciner qu'ont les reflets de la lumière sur une rivière, où l'esprit vagabonde seul, comme une feuille morte portée par le courant ?
Ces livres inracontables, où en fait rien ne se passe, ces livres qu'on peut lire au hasard, dont on se fout de la fin.
Ensuite ? Je ne sais pas. Un milieu de tronqué ? Une suite de négligé ? Un rejeté d'office à cause de son genre, de son titre, de son auteur ?
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* Siri Hustvedt
**
5 : Je lis le livre d'un bout à l'autre, puis je retourne à la première page et je recommence.
4 : Je lis le livre d'un bout à l'autre et je passe au suivant qui, souvent, me déçoit.
3 : Je lis le début, puis la fin, puis le milieu.
2 : Je lis le début, puis la fin.
1 : Je lis le début.
0 : Je lis le titre et/ou la 4e de couverture et/ou un passage au hasard.
Ce n'est pas un classement qualitatif, loin de là ! Je ne me permettrais jamais de juger un écrivain.
C'est mon sentiment; il y a tant à lire, tant de plaisir à y trouver, que rien n'oblige à se forcer.
Romances, l'expo
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J'ai eu le plaisir de scénariser deux fausses bandes-annonces pour
l'exposition ROMANCES de Lynda Gaudreau, présentée à la galerie VOX de
Montréal, du 24...
Il y a 3 mois
Ha ben, maudit...on a raté notre coup. Je prends note...il faut dire qu'on avait fait léger, un peu, et par ailleurs pas tout lu. Mais le polar qui se passait au Mexique on l'avait choisi pour vous exprès. Et la B.D de Claude Auchu? un de vos compatriotes?
RépondreSupprimerLévy, j'aime pas beaucoup. Gavalda, j'ai plutôt bcp aimé. Mais ça m'étonne que tu n'aies pas aimé Désolation ou Suskwan Island de David Vann...je ne sais plus lequel on t'aurait laissé? À moins que nos enfants les aient -piqués- avant notre départ...
Le -Reader- (la liseuse numérique) est une option intéressante en ce moment. Ça nous permet d'emprunter de bons bouquins pour 3 semaines, gratos, et de choisir ce qu'on veut.
Sinon des bises de Berlin,
Vous nous manquez quand même pas mal souvent,
Lyne